Le rapport 2025 des Mobility Information Points dresse un état précis des mobilités artistiques internationales à partir de 2 356 situations traitées sur l’année 2025. Les données mettent en évidence une demande structurée, concentrée sur des obstacles administratifs récurrents et orientée vers un espace européen qui continue de concentrer les opportunités de diffusion.
Les Mobility Information Points (MIPs) sont des organisations qui accompagnent les artistes et les professionnels de la culture sur les questions administratives liées à la mobilité internationale, à travers des services gratuits d’information et de conseil. Les principaux sujets traités concernent les visas, la sécurité sociale, la fiscalité et les douanes. Ils sont actuellement implantés en Autriche, en Belgique, en République tchèque, en France, en Allemagne, au Portugal, en Slovénie, en Suède, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et aux États-Unis d’Amérique. à travers des services gratuits d’information et/ou de conseil.
Les MIPs sont membres du réseau On the Move un réseau international d’information et de plaidoyer dédié à la mobilité artistique et culturelle. Il regroupe 93 membres répartis dans 33 pays. Depuis 2002, On the Move fournit des informations régulières, actualisées et gratuites sur les opportunités de mobilité, les conditions et les financements, et défend la valeur de la mobilité culturelle transfrontalière. Cofinancé par l’Union européenne et le ministère français de la Culture, On the Move met en œuvre un programme pluriannuel visant à renforcer les capacités des acteurs locaux, régionaux, nationaux, européens et internationaux pour le développement durable des écosystèmes culturels.
Le rapport MIPs documente une activité continue et structurée : 2 356 consultations réalisées en 2025 par dix Mobility Information Points, soit environ 45 cas traités chaque semaine. Chaque consultation correspond à une situation individuelle, mobilisant en moyenne une heure de travail, le plus souvent par échange écrit (60,7 %), puis par téléphone ou visioconférence (36,8 %). Cette volumétrie confirme l’existence d’une demande régulière et qualifiée, portée majoritairement par des artistes eux-mêmes : 77,2 % des demandes concernent des mobilités individuelles, dont 94,7 % relèvent directement d’artistes plutôt que de structures ou d’intermédiaires.

Les demandes portent d’abord sur des contraintes administratives précises. Les questions de visas, de permis de travail et de résidence concentrent 41,5 % des consultations, devant la fiscalité, la sécurité sociale et les dispositifs de financement. Les cas traités ne sont pas isolés : près de trois consultations sur dix combinent plusieurs problématiques simultanément, obligeant à articuler des cadres juridiques différents. Les difficultés recensées concernent notamment la demande de documents non standardisés ou l’accès aux rendez-vous consulaires. Le rapport met en évidence une situation récurrente : les artistes sollicitent les MIPs après avoir échoué à obtenir des réponses fiables par leurs propres moyens.

La mobilité analysée dans le rapport répond à des logiques économiques précises. Parmi les mobilités temporaires, 62,9 % ont pour objectif la présentation d’une œuvre, loin devant la création (19,1 %), le développement de réseau (7,5 %), l’exploration (5,4 %) ou la formation (5 %). Les disciplines les plus concernées sont les arts vivants (34,5 %) et la musique (25,1 %), suivies des arts visuels (19,8 %). Ces données montrent que la circulation internationale reste liée à des activités de diffusion et de programmation, et non à des démarches de formation ou de recherche.

Le rapport confirme la centralité européenne dans les flux de mobilité. 98,3 % des mobilités recensées concernent des destinations situées en Europe, avec une concentration autour de quelques pays d’accueil, notamment l’Allemagne, la France et les Pays-Bas. Dans le même temps, l’origine des utilisateurs s’élargit : en 2025, les consultations impliquent des résidents de 112 pays. La progression est nette pour les Amériques (de 72 à 215 cas), l’Asie (de 70 à 200) et l’Afrique (de 42 à 138). Cette évolution traduit une demande globale croissante, orientée vers un espace européen qui reste structurant pour les opportunités de diffusion.
Une part significative des consultations concerne des situations de relocalisation. 52,2 % des cas portent sur des installations durables, dont 17,4 % impliquent des artistes en situation de risque, principalement originaires d’Iran, de Russie, du Liban, de Syrie, de Turquie et de Biélorussie. Dans ces situations, l’intervention des pouvoirs publics est directe : 71,9 % des cas sont orientés par des administrations ou des ministères. Plus largement, 13,2 % des consultations identifiées proviennent de structures publiques. Le rapport établit ainsi une articulation concrète entre dispositifs de mobilité culturelle et politiques migratoires.
Au-delà des consultations individuelles, les MIPs développent des activités collectives qui prolongent leur rôle d’information. En 2025, 119 événements ont été organisés, avec plus de 5 000 participants, répartis entre ateliers thématiques (62,4 %) et rencontres professionnelles (29,9 %). Ces actions s’inscrivaient dans dans la dynamique d'un réseau structuré, coordonné à l’échelle internationale par On the Move, qui rassemble plus de 90 000 abonnés sur les réseaux sociaux et plus de 70 000 abonnés à sa newsletter. Les données de fréquentation des sites (près de 750 000 utilisateurs en 2025) indiquent que l’accès à l’information sur la mobilité culturelle constitue un usage massif, en progression et directement corrélé à la complexité des cadres administratifs.